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THE UNKNOWNS:
TOUJOURS LE RESTERONT
Depuis que les Real Kids se sont décidé à venir en France, je m’étais mis à espérer la venue d’autres groupes US, notamment parmi ceux qui séjournent à LA. Vous savez, ces groupes qui nous pondent quelques disques bien alléchants et qui, paraît-il, sont encore plus fabuleux sur scène. En un mot de vrais groupes et qui font du vrai rock'n'roll.
Et, pour sûr, le concert des Real Kids que j’ai vu était fabuleux, inoubliable. Alors pourquoi pas d’autres groupes de vrai rock n’roll. Comme les Unknowns par exemple. Hélas, pour tous ceux qui espéraient leur venue en France, il faut le dire c’est raté. Les Unknowns se séparent. Mon groupe préféré du moment éclate. Heureusement que cela arrive alors que foisonnent les bons groupes. Alors tant pis pour les Unknowns. Restent toujours leurs deux disques sortis chez Bomp pour imaginer.
A propos, peut-être que cela vous gêne que je parle de vrai rock'n’roll. Mais l’étiquette me plaît. Elle est suffisamment imprécise pour cela. Alors les Unknowns font du vrai rock'n’roll. Comme les Américains savent le faire. Une musique profondément enracinée dans tout ce qui fait la culture occidentale de l’après-guerre. Pas un rejet morbide de l’immédiat. Ni une tentative narcissique. Surtout pas un essai de nouveauté avant-gardiste. Non, il s’agit de toute une tradition bien réelle dans laquelle nous sommes un bon nombre à nous reconnaître. Une expression de notre quotidien, de notre mal-être et surtout de notre fureur de vivre. Du rock quoi. Du vrai rock'n’roll. N’en déplaise à M.Jackson. Et tant pis si ça nous rend bêtes. Qu’il continue à cultiver s voix comme s’il s’agissait d’une plante grasse d’exposition. On le laisse à ses dégueulis de claviers. Et on retourne aux sons de nos télécaster ou de nos Mosrite.
Et nons voilà revenus aux Unknowns et à ces sons de guitare précis, tranchants, chauds, veloutés et tout ce que vous voudrez. Ce dont je suis sûr, c’est que le son Unknows existe. Un son original dans lequel les Mosrite de Mark Neil et de Dave Boyle sont indissociables de la voix de Bruce Joyner et de la batterie de Steve Bidrovski. Les Unknowns ont su créer un groupe différent et en même temps porteur de tout ce qui fait le rock depuis trente ans. Certainement une preuve de leur authenticité. alors malgré leur split, il faut se laisser envoûter par ces vagues de sons qui nous emmènent où bon leur semble. Dans leurs rêves, leurs fantasmes, leur quotidien, un quotidien que le second degré, toujours sous-jacent, nous empêche de prendre au sérieux. Mais un quotidien bien réel, plein de leurs espoirs, de leurs histoires. Rien à dire, rien prouver mais beaucoup à exprimer, à extirper. Alors l'émotion passe et les sillons se gavent dans la tête. D’ailleurs voilà que ça me reprend. La voix de Bruce Joyner cogne à nouveau mes tympans. Une guitare vient déchirer le temps. Juste derrière voilà la rythmique qui vient me nouer les tripes... Excusez-moi un instant...
Les Unknowns se séparent, se sont séparés. Sans être venus en France. Et à en croire ceux qui ont vu les Unknowns sur scène, ces disques là ne reflètent que l’ombre du groupe. Une ombre retenue où il manquerait toute la démence de la scène. Encore une preuve d’authenticité. Et si vous écoutez ces disques vous arriverez certainement à reconstituer la réalité Unknowns. De toutes façons, vous n’avez plus le choix...
Don’t stop... Let’s rock I said...
Hallifax II Junior
Cette interview a été reproduite de l'excellent (et regretté) magazine Nineteen, n° 3 - Avril 1983.
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